Mauvais temps sur la Corse...L'avenir du fromage corse dépend du lait importé, de Sardaigne ou d'ailleurs. C'est du moins ce que prétendent une brochette de technocrates éclairés et de professionnels du lait. C'est donc au tour du fromage d'être analysé par les économistes pointus qui fourmillent dans les multiples structures penchées au chevet de l'agriculture corse. Grain de sable qui n'en finit pas de mourir, mais qui continue à bloquer le mécanisme de mise en coupe réglée de notre île.Nous connaissions déjà le cas de la charcuterie, avec sa démarche AOC qui paraît presque ridicule au milieu des quantités de marchandise vendues sur l'île, dont personne n'est plus capable aujourd'hui de démêler les diverses origines, au point que la plupart des foires n'acceptent plus les vendeurs de ce produit. Dans un autre domaine, d'autres spécialistes nous expliquent que la production d'olive corse n'est pas suffisante pour faire tourner des structures de transformation dignes de ce nom, qu'il faut donc importer des olives (d'Italie en particulier) pour amortir ces investissements, et surtout répondre à une demande grandissante. Paradoxalement cette augmentation de la demande est favorisée par la toute jeune AOC obtenue par l'huile d'olive corse.... L'AOC miel est également attaquée depuis l'arrêt du financement (conséquence de la faillite de l'état français annoncée en son temps par le 1er ministre Fillon ?), du laboratoire de l'association « miel et pollen », qui avait pourtant fait ses preuves en permettant la création de la 2ème AOC miel en France... Dans toutes les filières sont ainsi abandonnés les seuls atouts que nous pouvons utiliser pour développer l'agriculure corse: la qualité et l'authenticité. La prochaine étape est connue d'avance:car nous ne pourrons jamais avoir de structure industrielle de transformation, réellement concurentielle en Corse (éloignement des fournisseurs et des clients), et cela quelque soit le domaine considéré. Parallèlement, les derniers exploitants sont fortement aiguillés vers des activités « de complément » comme l'agrotourisme, en même temps que les financement à l'installation ou au développement se raréfient. Les terres agricoles, dont le classement est la vieille bête noire des spéculateurs de l'immobilier sont également en ligne de mire: c'est la CTC qui devra faire le sale boulot du déclassement, au titre de la « non-rentabilité agricole » (la boucle est ainsi bouclée), ou d'autres stratagèmes dont le dernier, très « tendance » consiste à transformer de vastes étendues en champs de capteurs photo-voltaïques (30 ha à Linguizzeta)... Pour des infos sur le lait et le fromage, voir le blog de Via Campagnola: http://viacampagnola.blog.mongenie.com/ |