
Installé depuis la fin des années 70 dans la vallée du Taravu, je promène mes ruches au gré des
saisons et des floraisons.
La première récolte, début mai, en bord de mer sur les fleurs d'asphodèle et de clémentinier, donne
un miel clair et fruité.
Ensuite, à la fin du mois de mai, viendra la récolte du miellat, miel noir dont le goût rappelle
celui du miellat de sapin. Dans le même temps, à mi-montagne (environ 400 m. d'altitude), la récolte
de maquis de printemps est prête: miel ambré, doux, au goût de caramel, il est butiné sur les fleurs
de bruyère, genêt, lavande sauvage, etc...

Les ruches montées début mai en montagne donneront mi-juin une récolte sur l'anthyllis et le maquis
de montagne; puis, à la fin du mois de juillet, il sera temps de récolter le miel de châtaignier.
Enfin, les ruches redescendues en moyenne montagne donneront, si l'automne est clément, ce miel
rare qu'est l'arbousier, au goût subtil de marc de café suivi d'une amertume franche.
Cette gamme de miels, récoltée sur des fleurs sauvages et sur des fruitiers non traités est en AOC
(Appellation d'Origine Contrôlée), la seule d'Europe.
A ce titre ces miels sont soumis à un cahier des charges très strict:
- gustatif.
- humidité (inférieure à 18%).
- absence de chauffage (taux d'HMF).
- pollinique: qui permet de certifier le terroir.
En effet, beaucoup de fleurs étant endémiques en Corse, la présence de leur pollen permet de
garantir l'origine insulaire de ces miels.
Des prélèvements sont fait à tout moment, dans la miellerie et dans les magasins, pour être analysés.
Tout cela pour garantir une qualité optima.
Les miels corses, mentionnés dans les ouvrages depuis l'antiquité, sont l'un des rares aliments
ayant traversé les âges sans altération ni modification de leur goût.
Peu onéreux, le miel est un présent toujours apprécié: offrir un pot de miel, n'est- ce pas aussi
offrir un bouquet de fleurs ?